Les 3 erreurs que font tous les joueurs au casino selon la science

Tout le monde a un avis sur le jeu d’argent. Un divertissement futile pour les uns et un péché de corrompu pour les autres. Mais à travers l’histoire, les scientifiques et mathématiciens ont vu les jeux que vous rencontrez aujourd’hui à Las Vegas sous une optique très différente. Ils se sont ainsi amusés à tester des notions qui leur paraissaient floues grâce au jeu, afin de comprendre comment le monde fonctionne.

La science et les jeux, une longue histoire d’amour

C’est d’ailleurs comme cela que commence le nouveau livre « Le pari parfait : comment la science et les mathématiques sont les plus chanceux dans les jeux de hasard ». Dans cet ouvrage, le mathématicien Adam Kucharski retrace la longue relation entrelacée entre le pari et la science, en partant des origines des théories de probabilité jusqu’aux jeux de dés et en passant par les techniques plus ou moins sophistiquées de comptage de cartes qui ont fait gagner des millions aux élèves diplômés du MIT (Massachusetts Institute of Technology ).

Dans une interview, Kucharski dit qu’il a toujours été fasciné par les mystères des jeux de casino. Mais quand il a décroché son diplôme de doctorat, il a commencé à être recruté par des entreprises de pronostics qui ont produit de gros bénéfices pour les investisseurs qui ont parié de grosses sommes sur des événements majeurs, comme les compétitions de football.

Ce succès a piqué sa curiosité et il s’est plongé dans l’histoire interconnectée des maths, de la science et du pari. Il a remarqué que Johannes Kepler, Galilée, Alan Turing et beaucoup d’autres scientifiques ont étudié les jeux de hasard et ces études ont donné naissance à de nombreuses notions scientifiques que nous connaissons aujourd’hui, notamment les statistiques modernes, la théorie du chaos et la théorie des jeux. Une interview de l’auteur a été accordée au Washington Post. Voici ce qui ressort de cet entretien.

Qu’est-ce que les jeux de hasard apportent à la science ?

Parmi toutes les histoires de ces grandes idées où des mathématiciens et des scientifiques triomphent du jeu, Kucharski aime se rappeler la suivante. Des étudiants du MIT ont décidé de consacrer leur projet de mathématiques à la loterie. En temps normal, on s’attend logiquement à perdre dans les jeux de loterie. Mais ces personnes ont étendu leur analyse et ils se sont aperçus qu’un jeu relativement nouveau installé dans le Massachussetts, appelé « Cash WinFall », avait une particularité. Si le jackpot atteignait une certaine limite et que personne ne le gagnait, la cagnotte baissait alors, ce qui signifiait que les prix étaient gagnés par des gens obtenant moins de chiffres corrects. Dans ce laps de temps, les étudiants ont découvert que si cet abaissement de gains s’enclenchait, les bénéfices seraient profitables.

Cette histoire est révélatrice, car elle commence avec un projet scolaire anodin et se transforme en véritable phénomène. À tel point que des syndicats ont été impliqués, car ce jeu était devenu le plus lucratif des Etats-Unis. C’est incroyable de savoir que tous ces jeux, comme le blackjack ou la roulette, ont simplement commencé par des personnes étudiant dans les univers des mathématiques ou de la physique qui ont tout bêtement cherché les failles des systèmes existants. On grandit toujours dans l’idée que la roulette est du pur hasard et que la chance est le seul facteur gagnant, mais quand les gens s’appliquent à prouver que cette idée est fausse, cela peut devenir une affaire assez lucrative.

Alors finalement, qu’est que la science a appris des jeux de hasard ? L’activité professionnelle de l’auteur du livre est de trouver les origines des maladies dans le domaine de la santé publique. Beaucoup de méthodes qu’il utilise au quotidien ont été découvertes par les jeux de hasard. Tous ces concepts de probabilité, où les chances sont littéralement mesurées ont été découverts au XVIe siècle grâce à des personnes étudiant les jeux de dés. De même que les concepts de l’histoire des statistiques et de vérification des hypothèses ont également été inspirés de ces jeux de dés et de roulette il y a un peu plus d’un siècle. Des jeux simples ont été très importants dans d’autres secteurs plus larges de la science.

Les trois plus grandes fautes que commettent les joueurs dans un casino

Quand on demande à Kucharsi ce qu’il retient des fautes que les joueurs commettent le plus souvent lorsqu’ils essaient de prédire les résultats des jeux, l’auteur cite trois exemples différents.

Il y a un certain nombre de pièges dans lequel on tombe souvent. Dans les courses hippiques, par exemple. Si on regarde les chevaux situés à l’arrière de la course, ils ont de plus grandes cotes que les performances actuelles dont ils font preuve. En d’autres mots, les gens surestiment la victoire des outsiders. Cette tendance émerge aussi dans d’autres sports, et même dans les prévisions météorologiques et les moments politiques importants. Les gens préfèrent se concentrer sur les choses surprenantes et surestimer les chances d’un événement très incertain.

Une erreur est appelée « erreur de Monte-Carlo. Cette théorie est illustrée avec la roulette, quand la même couleur revient souvent, les gens tendent à parier des sommes de plus en plus importantes sur l’autre couleur. Ils pensent que si le noir sort beaucoup, le rouge ne devrait pas tarder à sortir. Bien entendu, c’est complètement faux, puisque le résultat est toujours aléatoire, mais ce phénomène psychologique nous entraîne vers ces types de paris.

Enfin, la troisième erreur qui survient dans de nombreux jeux est celle qui est connue sous le nom de la ruine du parieur. C’est la tendance qui, quand un joueur gagne, fait qu’il augmentera la somme d’argent mise en jeu. Mais très souvent, ces personnes perdent et ne baissent pas les montants qu’ils parient. Mathématiquement, cette pratique mène toujours à la perte de tout son capital. C’est pourquoi il est absolument indispensable de savoir comment gérer sa bankroll car il faut savoir maîtriser cette pulsion et ajuster de manière tout à fait rationnelle le montant qui est parié.

Enfin une belle preuve que l’on apprend avant tout par le jeu, même les scientifiques le disent !