Régression du produit brut des casinos, un manque à gagner de 11 millions de francs suisses

Le produit brut des casinos suisses a plongé l’an dernier avec uniquement 746 millions de francs suisses de bénéfices. Le produit brut des jeux a chuté de 11,3 millions de francs suisses. Il semblerait que l’AVS et les cantons soient équitablement touchés par le désintéressement croissant des parieurs, qui doivent eux aussi se serrer la ceinture du fait de la crise.

Seulement trois casinos affichent un solde positif…

Le produit brut des casinos helvètes a dégringolé lors de l’exercice 2013-2014. En effet, il aurait reculé de 11,3 millions de francs suisses. Cette tendance à la baisse a affecté pratiquement l’ensemble des établissements et sociétés de jeu en Suisse, à quelques exceptions près. D’après la Commission Fédérale des Maisons de Jeu (CFMJ), l’AVS et les cantons ne sont parvenus à réaliser que 356,5 millions de CHF de recettes contre 373,3 millions de CHF en 2012. Il apparaitrait que sur les vingt-et-une maisons de jeux opérant en Suisse, uniquement trois d’entre elles- celles de Davos, Zurich et Neuchâtel, aient présenté un bilan excédentaire en 2013. Selon la CFMJ, cette chute s’explique par le fait que la concurrence des pays limitrophes gagne en intensité. Par ailleurs, les sites de jeux de hasard sur internet, qui ne sont pour le moment pas autorisés en Suisse, ont tendance à voler de nombreuses parts de marchés aux acteurs historiques helvètes. La CFMJ a d’ailleurs promis de combattre les casinos en ligne, qu’elle considère comme un véritable fléau. Il faut dire que sur les cent-quinze procédures pénales ouvertes à l’heure actuelle, plus de 90% d’entre elles concernent des offres de jeux en ligne.

Il faut dire que sur les cent-quinze procédures pénales ouvertes à l’heure actuelle, plus de 90% d’entre elles concernent des offres de jeux en ligne.

La commission de jeux suisse espère que la prochaine révision de la loi permettra de résoudre ce problème, qui affecte directement l’économie du pays. Effectivement, le Conseil Fédéral suggère de lever l’interdiction relative à l’exploitation des jeux de hasard en ligne mais aussi et surtout de consolider les mesures visant à stopper et à neutraliser les activités d’opérateurs offshores illicites.

Une loi incohérente qui renforce l’impuissance

Le président de la CFMJ, M. Hermann Bürgi, est convaincu qu’il faut réviser la loi concernant les jeux de casino en ligne. Ce dernier est appuyé par de nombreuses personnalités de la scène des jeux telles que Detlef Brose, le célèbre patron du Grand Casino de Baden. D’après ce dernier, un durcissement des sanctions à l’égard des opérateurs en ligne est indispensable pour la simple et bonne raison que les poursuites pénales sont très difficiles à appliquer sur le web. « Les casinos en ligne nous font perdre tous les ans plus de 200 millions CHF. A Baden, les jeux de casino en ligne ont engendré à eux seuls plus de 20 millions CHF de pertes. Vous trouvez cela normal ? », a d’ailleurs questionné Detlef Brose à la télévision.

Il est vrai que la loi actuellement en place ne permet pas de combattre les casinos en ligne, qui évoluent de manière illégale en Suisse, et qui sont des organisations criminelles. En Suisse, on se réjouit en tout cas de savoir qu’un casino en ligne devra obligatoirement avoir une licence avant d’opérer. « C’est un grand pas de fait et nous demanderons bien-sûr l’extension de notre licence dans un avenir proche », a terminé Detlef Brose.